Wenn Frau* will, steht alles still

*français en bas*

Ich sitze in meinem Home „Office“ und höre einen Podcast von der Uni. Plötzlich lässt die Konzentration nach. Ich schaue auf die Uhr: Schon 13 Uhr. Zeit fürs Mittagessen! Anstatt von der Mensa fein bekocht zu werden, übernehme ich diese Aufgabe nun meist selber. Was mache ich heute? Rührei, Teigwaren? Meine Kenntnisse halten sich eindeutig in Grenzen…

Während der Coronakrise wird mir schlagartig bewusst, in welch privilegierter Lage ich mich befinde: Einen Garten zu haben macht „Stay at Home“ erträglicher, einen Wald direkt neben dem Haus zum Spazieren auch. Eltern, die weiterhin ihren vollen Lohn ausbezahlt bekommen und ein sicheres Zuhause zu haben, sind für mich eine Selbstverständlichkeit. Doch wie ich weiss, geht es lange nicht allen so.

Während ich mich in der Küche abmühe und über mein fehlendes Talent in diesem Bereich nerve, müssen andere Frauen* nicht nur für sich selbst, sondern auch für ihre Kinder kochen. Daneben sollten sie für ihre Eltern und Nachbar*innen, die in der Risikogruppe sind, einkaufen gehen. Die Kinder wollen ausserdem unterhalten werden und brauchen Hilfe im Home Schooling. Pytagoras, unregelmässige Französischverben, Kolonialismus – das habt ihr sicher auch noch alle präsent und könntet es aus dem Stehgreif jemandem beibringen, oder etwa nicht?

Dass Frauen* den grössten Teil der unbezahlten Care-Arbeit verrichten und somit unsere ganze Gesellschaft am Leben erhalten, war schon vor der Coronakrise der Fall. Oder, um es in Zahlen auszudrücken: Frauen* leisten rund zwei Drittel der unbezahlten Care-Arbeit in der Schweiz. Das sind insgesamt 8234.9 Mio. Stunden im Jahr.[1] Während der Corona-Krise, in der Kitas und Schulen geschlossen wurden, wird sich dieses Problem wohl kaum verringert haben, eher im Gegenteil.

Waren wir nicht gerade erst letztes Jahr auf der Strasse, um gegen Zustände wie in den 50er Jahren anzukämpfen? Um auf die Care-Arbeit aufmerksam zu machen, die Frauen* in der Schweiz tagtäglich zu verrichten, ohne etwas dafür zu bekommen, nicht einmal ein bisschen Respekt? War da nicht einmal ein Frauen*streik, am 14. Juni? Als eine halbe Million Menschen auf die Strasse gingen, um für Gleichstellung zu kämpfen? Wisst ihr noch?

Heute sind ein paar Nationalrätinnen mehr gewählt, es wurde eine Anti-Diskriminierungs-Strafnorm gegen Diskriminierung aufgrund der sexuellen Orientierung angenommen, wir diskutieren über ein neues Sexualstrafrecht. Doch viel mehr ist nicht passiert. Das darf nicht so bleiben! Unsere Forderungen bleiben dieselben: Wir wollen Zeit, Lohn und Respekt! Vorher geben wir nicht auf.

Wir fordern eine bessere Rente für diejenigen Frauen*, die jahrelang zu ihren Kindern und / oder Eltern geschaut haben, und nun von der AHV nicht leben können. Wir fordern genügend Kita-Plätze, die sich alle Familien leisten können. Wir fordern Alters- und Pflegeheime, welche für alle erschwinglich sind und wo nicht der Profit, sondern die Bedürfnisse der Bewohnenden im Zentrum stehen. Und natürlich: Anständige Löhne und gute Arbeitsbedingungen für diejenigen, die in diesen Institutionen arbeiten.

Und weil gute Kitas und eine anständige Rente nicht reichen, fordern wir eine Verkürzung der Arbeitszeit. So soll es endlich möglich werden, neben der Lohnarbeit noch unbezahlte Care-Arbeit zu verrichten – sich Zeit zu nehmen für Familie und Freund*innen. Aber auch Zeit zu haben, um politisch aktiv zu sein, Freiwilligenarbeit zu verrichten oder Hobbies auszuüben.

25 Stunden in der Woche arbeiten bei gleichbleibendem Lohn. Was tönt wie Utopie, ist eigentlich bloss der logische nächste Schritt: Wir sind immer produktiver, unsere Wirtschaft wächst immer schneller. Und gleichzeitig haben wir eine Klimakrise, welche genau unter diesem unendlichen Wachstum leidet. Wer profitiert, sind einzig die Kapitalist*innen: Sie heimsen immer mehr Profit ein – während vor allem Frauen* neben der Lohnarbeit noch unbezahlte Care-Arbeit verrichten müssen. Mit einer Arbeitszeitverkürzung helfen wir dem Klima, hauen dem Kapitalismus eins auf die Finger und helfen allen Menschen, die Lohnarbeit und unbezahlte Care-Arbeit nur mit Mühe unter einen Hut kriegen. Die Arbeitszeitverkürzung ist die feministische, ökologische und antikapitalistische Forderung, welche die Linke im 21. Jahrhundert stellen muss.

Inzwischen ist es dunkel geworden in meinem Home „Office“. Staubsaugen, Uni-Zusammenfassungen und Aktivismus in einem Tag unter denselben Hut zu bringen, ist nicht immer einfach. Doch ich bin mir meiner Privilegien bewusst – und solidarisiere mich mit allen Frauen*, welche stärker unter dem Patriarchat und dem Kapitalismus leiden als ich. Am 8. März, am 14. Juni und jeden Tag. Venceremos!

Sans les femmes, rien ne marche !

Je suis assise à mon bureau à la maison et écoute un podcast de l’université. Peu à peu, ma concentration baisse. Je regarde ma montre : il est déjà 13 heures. C’est l’heure du déjeuner! Au lieu de profiter d’un repas délicieux préparé par la cantine, je mets maintenant la main à la pâte. Que vais-je donc cuisiner aujourd’hui? Des œufs brouillés, des pâtes ? Mes compétences en cuisine sont clairement limitées…

Pendant la crise du Corona, je me rends soudain compte de la position privilégiée dans laquelle je me trouve : un jardin ainsi qu’une forêt juste à côté de la maison qui invite à s’y promener rend “Stay at Home” bien plus confortable. Des parents qui continuent à recevoir leur plein salaire et un foyer sûr sont une évidence pour moi. Mais comme je le sais, tout le monde n’a pas ce privilège.

Pendant que je me donne de la peine dans la cuisine, me plaignant de mon manque de talent dans ce domaine, d’autres femmes* doivent cuisiner non seulement pour elles-mêmes mais aussi pour leurs enfants. Elles doivent également aller faire les courses pour leurs parents et leurs voisin.e.s qui sont des personnes à risque. Les enfants veulent être divertis et ont besoin d’aide pour l’enseignement à domicile. Pythagore, le génitif en allemand, colonialisme – je suis sûr que vous maitrisez tous ces sujets parfaitement et que vous pourriez les enseigner à n’importe-qui, n’est-ce pas ?

Le fait que les femmes* effectuent la majeure partie du travail du care non rémunéré et maintiennent ainsi toute notre société en vie était déjà connu avant la crise du Corona. Ou, pour le dire en chiffres : Les femmes* effectuent environ deux tiers du travail de soins non rémunéré en Suisse. Cela représente un total de 8234,9 millions d’heures par an.  Pendant la crise de la Corona, lorsque les garderies et les écoles ont été fermées, ce problème n’a pas diminué, bien au contraire.

N’étions-nous pas dans la rue l’année dernière pour lutter contre des conditions propres aux années 50 ? Attirons l’attention sur le travail du care que les femmes* en Suisse effectuent chaque jour sans rien recevoir en retour, pas même un peu de respect ! N’y a-t-il pas eu une grève des femmes* le 14 juin ? Quand un demi-million de personnes sont descendues dans la rue pour lutter pour l’égalité ? Vous vous en souvenez ?

Aujourd’hui, quelques conseillères nationales de plus ont été élues, une norme pénale contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle a été adoptée et nous discutons d’une nouvelle loi pénale sur les délits sexuels. Mais il ne s’est pas passé grand-chose de plus. Cela ne peut pas continuer comme ça ! Nos revendications restent les mêmes : nous voulons du temps, salaire et respect ! Pour l’instant nous continuerons à nous révolter !

Nous exigeons une meilleure rente pour les femmes* qui se sont occupées de leurs enfants et/ou parents pendant des années et qui ne peuvent plus vivre de l’AVS. Nous demandons suffisamment de places en crèche pour que toutes les familles puissent se les payer. Nous exigeons des maisons de retraite et de soins qui soient abordables pour tous et où les besoins des résident.e.s sont au centre de l’attention plutôt que du profit. Et bien sûr : des salaires décents et des bonnes conditions de travail pour ceux et celles qui travaillent dans ces institutions.

Et parce que de bonnes crèches et une pension décente ne suffisent pas, nous exigeons une réduction du temps de travail. Il doit être possible d’effectuer du travail de care non rémunéré en plus du travail salarié – de prendre du temps pour la famille et les amis. Mais aussi pour avoir le temps d’être politiquement actif.ve, de faire du bénévolat ou de s’adonner à des loisirs.

Travailler 25 heures par semaine pour le même salaire. Ce qui semble être une utopie n’est en fait que l’étape suivante : nous devenons de plus en plus productifs, notre économie croît de plus en plus vite. Et en même temps, nous avons une crise climatique, qui souffre de cette croissance infinie. Les seul.e.s qui en profitent sont les capitalistes : Ils engrangent de plus en plus de bénéfices – tandis que les femmes*, en particulier, doivent effectuer des tâches de soins non rémunérées en plus de leur travail rémunéré. Une réduction du temps de travail est une solution à la crise climatique, nous donnons une claque au capitalisme et nous aidons tous ceux et celles qui ont des difficultés à concilier travail rémunéré et travail de soins non rémunéré. La réduction du temps de travail est la revendication féministe, écologique et anticapitaliste que la gauche doit faire au XXIe siècle.

Entre-temps, il fait nuit dans mon « Home Office ». Passer l’aspirateur, les résumés universitaires et l’activisme sous le même chapeau en une seule journée n’est pas toujours facile. Mais je suis consciente de mes privilèges – et je suis solidaire avec toutes les femmes* qui souffrent plus que moi du patriarcat et du capitalisme. Le 8 mars, le 14 juin et chaque autre jour : Venceremos !

 

[1] https://vpod.ch/downloads/infoblaetter-bildung_frauen/care-arbeit-grundlagen.pdf 18.05.20

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