Konsequent feministisch – Stopp Gewalt an Frauen*

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Am 14. Juni 2019 gingen eine halbe Million Menschen in der Schweiz auf die Strasse, um für die Gleichstellung der Frauen* zu demonstrieren. Sie forderten unter anderem Anerkennung von unbezahlter Care-Arbeit, mehr Lohn und bessere Arbeitsbedingungen. Und: Dass die Gewalt an Frauen* endlich aufhört.
Wir haben ein Gewalt-Problem
Gewalt an Frauen*, meistens verübt durch Männer*, geschieht in der Schweiz jeden Tag. Und das nicht nur in der Öffentlichkeit, sondern auch zuhause: Im Jahr 2016 starben in der Schweiz 19 Menschen infolge häuslicher Gewalt – 18 davon waren Frauen* und 18 Täter waren Männer*.1 Gemäss einer Studie von GFS hatte ausserdem jede achte Frau* über 16 Jahren in der Schweiz schon einmal „Sex gegen ihren Willen“.2 Diese Zahlen zeigen, welche Ängste für alle Frauen* Alltag sind: Wenn ich am Abend alleine nachhause laufen, halte ich den Schlüssel als „Waffe“ in meiner Hand. Das Musikhören mit Kopfhörern lasse ich lieber bleiben und ich hoffe ständig, dass mir niemand folgt. Das ist die Realität, mit der jede junge Frau* lebt, die sich gerne alleine bewegen möchte. Und das im Jahr 2019.

Quelle: Hochschulgruppe der JuSo Deutschland


Probleme bewirtschaften statt lösen?
Die einzige Antwort der SVP auf den Frauen*streik war, dass zwar zu viele Frauen* in der Schweiz (sexuelle) Gewalt erleben, dass dies jedoch nur die Schuld der Ausländer sei. Sie versuchten, der Öffentlichkeit weiszumachen, dass mit einer Ausschaffung von ausländischen Sexualstraftätern alle Probleme gelöst seien. Damit ignoriert sie nicht nur den Fakt, dass es natürlich auch Schweizer Sexualstraftäter*innen gibt, sondern sie missbraucht mit solchen Kampagnen ganz kaltblütig ein wichtiges Thema für ihre eigenen Zwecke. Als tausende von Frauen* während der #metoo-Debatte von ihren Erlebnissen mit sexueller Gewalt berichteten, war die Reaktion von einem grossen Teil der Rechten bestenfalls, dass sie sich darüber lächerlich machten. Im schlimmsten Fall kamen sogar Hasswellen. Der SVP ging es in keinem Moment um die Sicherheit der Frauen*, sondern nur um die Ausschaffung von Ausländern.
Unser Sexualstrafrecht ist veraltet
Damit unter heutigem Schweizer Recht eine Vergewaltigung als eine solche gilt, muss sich das Opfer quasi mit Händen und Füssen wehren. So verneinte zum Beispiel das Bundesgericht eine Vergewaltigung in einem Fall, wo eine Frau* zu ihrem Partner sagte, sie wolle keinen Sex mit ihm haben und zu weinen begann, als er sie dazu zwang. Gemäss Bundesgericht hätte sie aus dem Zimmer fliehen oder den Partner schlagen sollen.3 Dass ein Nein nicht als Nein gilt, ist ein grosses Defizit in unserer Strafrechtsordnung. Ausserdem können gemäss geltendem Strafrecht Männer* nicht vergewaltigt werden, was das Rollenbild manifestiert, dass Männer* gar nicht Opfer von sexueller Gewalt werden können.

Ein Artikel von Tanja Blume

Rigoureusement féministe – Stop à la violence faite aux femmes.

Le 14 juin 2019, un demi-million de personnes sont descendues dans la rue en Suisse pour manifester en faveur de l’égalité des femmes. Entre autres, elles exigeaient la reconnaissance du travail non rémunéré dans le domaine des soins, une meilleure rémunération et de meilleures conditions de travail. Mais aussi elles exigeaient que la violence à l’égard des femmes cesse enfin.

Nous avons un problème de violence

La violence à l’égard des femmes, perpétrée le plus souvent par des hommes, se produit tous les jours en Suisse. En 2016, 19 personnes sont décédées en Suisse des suites de violences domestiques, 18 d’entre elles étaient des femmes. Les 18 meurtriers étaient des hommes[1]. Selon une étude de GFS, en Suisse, une femme de plus de 16 ans sur huit a eu des rapports sexuels contre sa volonté[2]. Ces chiffres révèlent la peur dont est fait le quotidien de chaque femme. Quand je rentre seule à la maison le soir, je tiens la clé comme une “arme” dans ma main. Je préfère ne pas écouter de musique avec des écouteurs et j’espère constamment que personne ne me suit. C’est la réalité avec laquelle doit vivre toute jeune femme qui veut se déplacer seule. Et cela en 2019…

Exploiter les problèmes au lieu de les résoudre ?

La seule réponse de l’UDC à la grève des femmes était que trop de femmes en Suisse subissent des violences (sexuelles), mais que c’est la faute des étrangers. L’UDC a essayé de convaincre le public que l’expulsion des délinquants sexuels étrangers résoudrait tous les problèmes. Ce faisant, l’UDC ne se contente pas d’ignorer le fait qu’il y a bien sûr aussi des délinquants sexuels suisses, mais elle abuse d’un sujet important pour ses propres fins électoralistes. Lorsque des milliers de femmes ont partagé leurs expériences de violence sexuelle lors du débat #metoo, la réaction d’une grande partie de la droite, dans le meilleur des cas, a été de dire que ces femmes se ridiculisaient. Dans les pires des cas, les réactions étaient de la haine. L’UDC ne se préoccupe pas du tout de la sécurité des femmes, mais seulement de l’expulsion des étrangers.

Notre droit pénal sexuel est désuet

Pour qu’un viol soit considéré comme un viol au regard du droit suisse actuel, la victime doit quasiment pouvoir démontrer s’être défendue avec ses mains et ses pieds. Par exemple, le tribunal fédéral a refusé de reconnaitre un viol dans une affaire où une femme a dit à son partenaire qu’elle ne voulait pas avoir de rapports sexuels avec lui et a commencé à pleurer quand il l’a forcée à le faire. Selon le tribunal fédéral, cette femme aurait dû s’échapper de sa chambre ou frapper son partenaire[3]. Le fait qu’un “non ” ne soit pas reconnu comme un” non” est un déficit majeur dans notre système de droit pénal. En outre, selon le droit pénal actuel, les hommes ne peuvent pas être violés, ce qui montre bien une image des rôles genrés dans laquelle les hommes ne peuvent pas être victimes de violence sexuelle.

Repenser la masculinité

Ces chiffres, le discours public et la législation actuelle montrent qu’il reste encore beaucoup à faire. Notre société doit changer et les idées patriarcales doivent être abolies afin qu’à l’avenir les femmes subissent moins de violence sexuelle. Nous avons besoin d’une nouvelle idée de ce que signifie être un homme, si nous voulons que la violence masculine cesse d’être un si gros problème. Les hommes devraient également pouvoir pleurer et demander de l’aide sans être stigmatisé. Les représentations sociales assignant des comportements en fonction du genre, nous nuisent à toutes et tous. Le féminisme exige que plus personne ne soit forcé de prendre un rôle ou de se conformer certaines représentations à cause du sexe avec lequel il/elle est né·e.

C’est pourquoi la JS est toujours rigoureusement féministes et lutte pour l’abolition du patriarcat.

 Un article de Tanja Blume

[1] https://www.ebg.admin.ch/ebg/de/home/themen/haeusliche-gewalt/statistik.html 01.10.19, p. 3

[2] https://cockpit.gfsbern.ch/de/cockpit/sexuelle-gewalt-in-der-schweiz/ 1.10.19

[3] https://www.nzz.ch/schweiz/expertin-fuer-strafrecht-die-unschuldsvermutung-bleibt-bestehen-ld.1483497 1.10.19

 

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